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2021

la reprise

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"Pour faire de vieux os,

il faut y aller mollo!

Pas abuser de rien pour aller loin,

Pas se casser le cul.

Savoir se fendre 

de quelques baisers tendres

sous un coin de ciel bleu."

 

Combien d'entre nous y ont pensé, il n'y a pas si longtemps, sur une plage bordée d'une mer d'encre, sur un sommet avec l'illusion d'être plus près du ciel ou en flânant sous les ombrages de quelque chemin creux?

Lequel d'entre nous n'a pas senti alors, par moment, descendre en lui comme une grâce fredonnant les paroles de "l'herbe tendre" ou peu s'en faut?

Peut-être importe-t-il de s'en souvenir par ces temps de reprise?

 

Espoir

Chat 7 20210621 183311Les cafetiers pestent contre le temps, le monde de la politicaille se déchire, "presentiels" et "distantiels" s'affrontent, les mandarins persistent à pérorer, le bon peuple rognonne et, dans tout ce vacarme, une voix; celle de Robert Desnos qui s'élève au dessus des autres.

Une voix, comme un tambour, voilée
Parvient pourtant, distinctement, jusqu'à nous.
Bien qu'elle semble sortir d'un tombeau
Elle ne parle que d'été et de printemps. 
Elle emplit le corps de joie, 
Elle allume aux lèvres le sourire. 
Je l'écoute. Ce n'est qu'une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,
L'écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages. 
Et vous ? Ne l'entendez-vous pas ? 
Elle dit "La peine sera de courte durée"
Elle dit "La belle saison est proche."

Ne l'entendez-vous pas ? 

 

 C'est ce que pense ma chatte, toute alanguie à l'écoute de ce poème et qui fait mine d'éviter mon regard comme pour m'imposer le silence.

Perplexité

                                                                                                

8 avril 2017 p1090069 12 mimine 5" Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés:

On en voyait point d'occupés

A chercher le soutien d'une mourante vie..."

 

En écrivant ces vers, Monsieur de La Fontaine se doutait-il qu'ils pourraient s'appliquer aux zombies que nous sommes devenus? Peut-être parler d'une "mourante vie" serait-il excessif? Mais résignés, fatalistes, soumis, nous nous sommes installés, tant bien que mal, dans une seconde vie, bourrée d'incertitude.

L'incertitude, un mal devenu plus toxique que le virus. Alphonse Karr ne dit-il pas "l'incertitude est le pire de tous les maux" avant d'ajouter, il est vrai "jusqu'au moment où la réalité nous fait regretter l'incertitude". Las de lutter contre cette plaie, certains se sont résolus à accepter cette vie végétative qui lui va si bien, faite de petits riens, au point d'hésiter à l'abandonner aujourd'hui. Quelques mets plantureux, un excès d'apéros sont venus l'agrémenter au prix, souvent, d'un  changement d'anatomie. Mais sans la présence des autres, ces folies ont manqué de piquant et de charme.

Voyant l'incertitude flirter avec l'exaspération, le Président a décidé de lui tordre le cou... Si, Si, Si! Allons-nous retrouver la vie d'avant ou aborder la vie d'après? Anne Baratin pense que "l'incertitude laisse entr'ouverte la porte de l'espérance." Alors, ne boudons pas cette perspective.

Et moi...

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Plusieurs millions de bons Français

Et moi, et moi, et moi,

Comme tous ces foutriquets

Geignant de voir tout de guingois.

J'y pense et puis j'oublie,

C'est la vie, c'est la vie.

Des jeunes aux vieux, tous infectés,
Et moi, et moi, et moi,

Bêtement, plein d'affinités
Avec ce virus mal embouché.
J'y pense et puis j'oublie,

C'est la vie, c'est la vie.

Des pelletées de contaminés
Et moi, et moi, et moi,
Qui crèvent d'être confinés
Alors qu'ils ont été vaccinés!
J'y pense et puis j'oublie,

C'est la vie, c'est la vie.

Une palanquée d'éminents professeurs
Et moi, et moi, et moi,

Qui écoute ces grands jappeurs
A la télévision bien malgré moi!
J'y pense et puis j'oublie,

C'est la vie, c'est la vie.

Des milliers de "sans-envie"
Et moi, et moi, et moi,

La libido plus qu'assouvie
qui se shoote avec du chocolat.
J'y pense et puis j'oublie,

C'est la vie, c'est la vie.

Reste l'armée des optimistes
Et moi, et moi, et moi,

Qui tente, thérapeutiste,
d'enrôler tous les résignés.
J'y pense en buvant du Chablis
C'est la vie, c'est la vie.

Avec le temps...

       Img 20201018 wa0007 1                                                          

Oui, tout s'en va! Avec la covid, même le temps s'échappe alors qu'il semble arrêté, qu'on végète, qu'on vivote, qu'on s'encroûte, qu'on survit.

Où peut-il donc foutre le camp ce temps perdu? le rechercher n'est-ce pas encore du temps  perdu?

Peut-être en gagnerions-nous en lisant ou relisant du Marcel Proust? Ce magicien de la mémoire involontaire, celle des sensations, des madeleines odorantes et savoureuses.

Confiné plus souvent qu'à son tour,  lire ce prince de la métaphore nécessite quelques efforts. Il faudra s'immerger dans ses phrases un peu longues à la façon d'un nageur hésitant à rentrer dans une eau un peu froide, haleter à chaque virgule, parfois reprendre du début de peur de se noyer, mais s'acharner afin d'être récompensé en refaisant surface dans un ailleurs enchanteur.


 

Que faire un 12 février?

20161202 215530Féliciter Gurbanguly Berdimuhamedow réélu Président du Turkmenistan.

Prier le ciel de rester couvert, car d'après le dicton: "au 12 février, soleil clair, encore 40 jours d'hiver."

Consulter les annales:

en 1914, le brevet du soutien-gorge est déposé par Mary Phelps Jacob

en 1941, pour la première fois un humain est soigné à la pénicilline

en 1954, une étude met en évidence le lien entre certains cancers et la consommation de tabac.

en 1986, signature à Lille des documents officialisant le tunnel sous la Manche

en 1999, Bill Clinton est innocenté par le sénat américain dans l'affaire Monica Lewinski.

ou prendre exemple sur Mimine:

Attendre que ça passe et rester optimiste!

Littérature et gastronomie

Flamand 1 

       

Souvent, nous dévorons des livres qui mériteraient d'être dégustés, savourés.  Peut-être parce que nous ne parvenons pas à nous rendre disponibles?  

Alors, nous lisons comme nous mangeons trop souvent: trop vite et sans discernement.

Nous passons à côté de ce chef  qui à l'art d'assaisonner un portrait, de tel autre qui truffe son texte de métaphores somptueuses, qui use de l'analepse pour nous rappeler les plats de nos grands-mères, de tel autre épurant sa prose à l'aide de l'ellipse ou la relèvant par une pointe d'ironie, sans oublier celui qui parvient à rendre lèger une sujet réputé indigeste.

Qui ne sait pas lire dans le blanc des pages ne sera jamais bon gourmet des livres. C'est ce que me disait un auteur en comparant le temps mis à lire ses romans à  celui mis à les écrire.