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La gestation

20180606 165805A voir le temps passé et le nombre de phases écrites et remaniées par Marcel Proust pour parvenir à celle connue de nous tous: "Longtemps, je me suis couché de bonne heure.", je trouve que je vais presque vite dans la rédaction de mon second roman!

Les brouillons d'un Flaubert ou d'un Zola font taire mon impatience et me rassurent. A côté d'eux, j'écrivaille! Mais je jubile:

- en voyant le mal de chien qu'ils ont eu à esquisser un plan général, puis détaillé, à trouver un titre.

en mesurant combien la place réservée à se documenter a été importante.

Je partage ce besoin d'enrichir ou d'alléger tel ou tel passage, voire de le changer de place.

Je compatis en comptant le nombre de ratures.

Je reste sans voix devant cette opiniatreté à chercher le mot juste, qui se traduit par des listes de mots approchant celui jugé insatisfaisant.

Je m'attendris lorsque je vois apparaitre un dessin qui signe une pause ou une panne d'inspiration.

mon prochain livre

Pape 4 2"Il est aussi facile de rêver un livre qu'il est difficile de le faire." 

Je souscris à cette citation d'Honoré de Balzac, le personnage principal de mon prochain roman aussi.

Ce dernier serait bien en peine d'aller au bout de son rêve à force de se laisser tenter par la chimère !

Alimenté par des souvenirs magnifiés au fil du temps, celui-ci va l'aider à vivre, mais outrepasser ses droits.

Il faudra un "coup d'épaule" du destin pour qu'il cesse de rêver sa vie et fasse de son rêve une réalité.

Anicroches*

Dsc00808​ Sous la plume de Claude Roy, je lis: " Il faut s'aimer en écrivant le premier jet, se haïr en se relisant et se tenir à l'oeil en récrivant."

Ceci me parle et me rassure venant de ce Monsieur dont j'apprécie les aphorismes.

J'en suis à "se tenir à l'oeil" et je m'y tiens si sévèrement que je n'écris qu'au compte-goutte!

On écrit un premier roman avec la peur de ne pas y arriver. On croit pouvoir en écrire un second plus facilement. Quelle erreur d'appréciation!

 

le "bio" en littérature

C'est ne pas céder à la facilité! Voici pourquoi je viens de mettre les cents premières pages de mon second roman au panier.

Usant du plaisir d'écrire en guise d'engrais ou de pesticide, je les ai rédigées trop vite. j'en dit trop à la fois. les transitions sont trop sèches. l'ensemble est insipide.

Plus grave, en insérant des considérations étrangères à l'intrigue, j'ai modifié génétiquement le roman. Avec quelles conséquences chez le lecteur, sûrement pas celles espérées secrètement ? ne m'en voudra-t-il pas ?

Enfin, l'usage abusif des additifs  sous forme d'adjectifs et d'adverbes les rendent, à mes yeux, impropres à la lecture.

Alors patience! il faut du temps pour écrire un livre "bio"!

 

Séances de dédicace

Quel plaisir de rencontrer mes futurs lecteurs! Je les aime pour la confiance dont ils m'honorent.

Ne font-ils pas un pari en se procurant le livre d'un inconnu? va-t-il correspondre à l'image qu'ils se font de l'auteur?

Vaste sujet qui nous entrainerait fort loin!

Beaucoup ont écrit, mais pas de quoi en faire un livre. Ils me confessent leurs difficultés:

" Pèriodiquement, j'écris.  Mais, sur des sujets si divers que je ne vois pas comment les lier pour en faire un livre!"

" Ma vie est un roman. Mais, au bout d'une vingtaine de pages, j'ai l'impression d'avoir tout dit!"

Combien je les comprends pour avoir éprouvé les mêmes difficultés.

Entregent!

20180929 115527Il en faut pour faire partie des gens de lettres! Avec la plume pour roulotte, ce sont des gens du voyage; mais aussi, cloués à leur chaise, des gens de maison. Certains, méconnus, se considèrent comme des gens de peu ou sous-estimés par des gens d'en haut. D'autres, "mélanchoniens" s'écrient << Vous, les gens!>> et rêvent du Goncourt pour toute présidence.

les habitudes

23380008 1711426188887989 8458635412476646960 nElles pèsent de tout leur poids sur nos bonnes résolutions.

Cueillies pendant l'été comme ces fleurs des champs qui ornaient la campagne, elles se sont fanées.

Sournoisement, comme ces jours qui racourcissent, les habitudes se sont réinstallées, les vacances finies! 

Me restent les encouragements de ce cheval aux oreilles éloquentes.

"La pire tyrannie est celle de l'habitude" me murmure -t-il. Mais il sait qu'avec moi sur son dos nous la rendrons  moins cruelle.

Maso?

20180503 160327   Depuis des mois, je cherche l'angle qui me permettrait d'entrer de plain-pied dans    mon second roman, d'en entrevoir les perspectives, de m'engager dans l'aventure      avec fougue.

   Je ne suis plus qu'une éponge imbibée qui laisse échapper, dans le désordre, une        accumulation d'observations diverses, de fulgurances éphémères, de conseils à          suivre, d'erreurs à ne pas commettre, de bonnes résolutions, dès qu'on tente de la    presser.

  Vingt fois j'ai écrit, lu, corrigé, réécrit la  première phrase de ce livre sans qu'elle    chante à mon oreille...et, pourtant, je m'entête!

  Car, comme disait Paul Brulat: " La page blanche me fait peur, mais dès que j'ai          pris  la plume, tout s'en va! "

Impatience

J'emprunte à fénelon: "L'homme impatient ne se donne le temps de rien mesurer..." et je pourrais ajouter: ni de corriger les fautes de frappe, d'inattention, d'orthographe, comme dans mon dernier billet, avant d'appuyer sur le bouton "envoyer".

J'emprunte encore à l'auteur du roman Les aventures de Télémaque: "L'homme impatient est entrainé par ses désirs indomptés et farouches..." Les miens me submergent!

Concernant l'écriture, je voudrais tant...Je griffonne, je corrige, je barre, je jette, j'abandonne, je reprends jusqu'au moment où je questionne: qu'est-ce qui t'agresse? Alors, il m'arrive de poursuivre avec plus de sagesse.

Gestation

Mon futur roman, concluais-je, dans mon dernier billet...

Il est en gestation. Une gestation difficile, précédée d'une longue méditation sur le sêxe, la couleur des yeux, la teinte des cheveux, la taille et le pods du roman à naitre.

Je trouve le temps long, même lorsque Jules Renard se trouve à mon chevet. Il m'est d'un grans secours lorsque je reste en panne et que je suis pareil à celui dont il dit: " Il se prenait la tête par la nuque et la secouait sur la page blanche comme pour y faire tomber les mots pas mûrs, difficilement détachables."

 

Informatique ou ...liberté?

Comme une midinette, je me suis laissé séduire par l'ordinateur!

Je lui ai fait des confidences, parfois intimes, et, peu à peu, je lui ai transféré une partie non négligeable de Ma mémoire.

Il avait tout pour me séduire, même lorsqu'il m'arrivait de ne pas comprendre ses réactions ! Nous ne parlions pas la même langue et son raisonnement m'a souvent laissé perplexe. Mais il avait réponse à tout ou presque et, peu jaloux, me permettait de correspondre avec tous mes amis.

Je lui faisais confiance jusqu'à ce qu'il me lache sans crier gare. C'est bien diminué, amnésique que je l'ai retrouvé après un séjour en clinique. Ceci n'a pas suffi. Il a fallu qu'un malotru s'en mêle et vienne ajouter à la confusion en piratant ma messagerie!!!

Tout nu, désemparé, je m'interroge : ne devrais-je pas me contenter d'une feuille blanche et d'un crayon pour attaquer mon futur roman?

L'art, mais à tout prendre qu'est-ce?

- Comment définirais-tu l'Art?

- Tout ce que je trouve beau a pour moi une dimension artistique.

- C'est un peu court, non?

- Tu as raison, car j'aime aussi, parfois, ce qui transgresse, me dérange, m'interpelle.

- Est-ce tout?

- Il faut que l'oeuvre m'émeuve et, si possible, m'élève.

- Cette activité si particulière, comment la définirais-tu?

- Mal! Mais o combien elle nous caractérise...Et puis, quel meilleur moyen pour échapper au quotidien!

 

Somme toute...

 

Une année dominée par la promotion...commerciale évidemment!​

Il est vrai que le monde de l'Art n'est pas fait que de créateurs. Il existe aussi grâce au commerce. Mais combien il est difficile d'être à la fois auteur inconnu et marchand dans un domaine où la production annuelle se compte par centaines de milliers! Comment ne pas se sentir à la fois présomptueux et circonspect?

Je remercie tous ceux qui ont acheté mon livre parce qu'ils me connaissent et, plus encore, tous ces inconnus rencontrés dans une librairie ou un salon, mais aussi sur les bancs d'un amphithéâtre ou sur un marché, voire dans le métro ou à la terrasse d'une brasserie...et qui se sont laissés convaincre! 

Le marchand ne regrette pas l'expérience vécue pleine d'humanité, mais l'auteur s'impatiente et souhaite disposer d'une plus grande disponibilité. Il a besoin de temps et, si l'inspiration s'en mêle, devenir prioritaire!!!  

Le style

J'écoute, avec une gourmandise gâchée par la peine, Jean d'Ormesson et je m'arrête sur cette affirmation "être écrivain, c'est avoir un style".

Comme un grand cru reconnaissable entre mille, force est de convenir qu'un lecteur averti saura deviner tel ou tel auteur derrière l'extrait qu'on l'aura prié de lire; non pas tant par le sujet traité et la façon dont il l'est que par le style.

Quel thème n'a pas été abordé, puis repris et de toutes les façons? A l'inverse, quoi de plus personnel que le style? Il n'appartient qu'à soi, offert par la nature au même titre que la couleur des yeux.

Au fond, Rivarol a raison: "le style n'est rien, mais rien n'est sans le style".

Pourquoi écris-je?

J'aime voir danser les mots.Tel un chorégraphe, je les auditionne, forme une troupe et je

voudrais...que chaque phrase s'apparente à un ballet!

"Ecrire, c'est le pouvoir de dire sans être dérangé" disait Jules Renard. C'est dire mieux

qu'oralement, atténuer ou renforcer une pensée, aller au delà du superficiel, même lorsque

l'imaginaire vient se mêler au réel.

C'est, aussi, une façon d'occuper ses mains pour empêcher l'esprit de s'égarer lorsqu'il

s'accoquine avec un sentiment d'inutilité.

la littérature, fille hypothétique d'...

20170917 110215

 

 

... Un auteur et d'un lecteur, surtout si l'un et l'autre sont de parfaits inconnus !

Par ailleurs, rien de possible entre eux, pas la moindre privauté sans la présence

d'un tiers: cet objet appelé livre où l'un a entreposé quelques effets de sa pensée

livrés à la réflexion de l'autre.

L'un n'ose pas vanter ses mérites de peur de trahir la confiance qu'on lui accorde,

l'autre a du mal à justifier son choix.

Il se peut que rien ne se passe, mais il se peut que, parfois sans le savoir, ils

partagent, échangent, distinguent, enrichissent, complètent, s'approprient,

s'émeuvent, ajoutent une dimension esthétique qui fait d'un livre une oeuvre

littéraire.

Rentrée littéraire

Inshot 20170829 132504079

 

Près de 600 livres, jugés tous dignes d'intérêt, vont rejoindre l'océan de la littérature!

Des coups de coeur, des incontournables, des déjà primés, des réédités, des premiers romans, des sans surprise...

Combien n'ont pas l'honneur de figurer dans cette déferlante? Ils voguent mollement, loin de ce flot tumultueux. Ils vont à la rencontre de tous ces dilettantes qui feront d'eux...des bestsellers!

Correspondance

20170710 111651Monsieur

Je viens de relire vos "ESSAIS". 

Quel titre! Auriez-vous tâtonné, amassé si diversement qu'il faille s'en tenir à celui-ci? Serait-ce une allusion prémonitoire à ce sport si prisé dans votre région?

Permettez que je m'attarde sur l'avant-propos:

"C'est icy un livre de bonne foy, lecteur. je l'ay voué à la commodité particulière de mes parents et amis...et que par ce moyen, ils nourrissent plus entière et plus vifve la connoissance qu'ils ont (eu) de moy...Ainsi, lecteur, je suis moy-mesmes la matière de mon livre: ce n'est pas raison que tu employes ton loisir en un subject si frivole et si vain."

Malgré vos dénégations, on a douté de votre modestie, peut-être légèrement surfaite. C'est de règle lorsqu'il s'agit d'autobiographie. Pourtant, se peindre, ceci peut servir aux autres, non?

A l'aube de la quarantaine, vous avez cherché à voir clair en vous-même, dans ce que vous appelez votre "arrière boutique". A un âge beaucoup plus avancé, j'ai eu envie de "vider mon sac".

Quatre siècles nous séparent et, cependant, combien vous m'êtes proche!

Très respectueusement.

Badinerie

Salon des livres mai 2017 les achards 20170514 141102 5

 

- Qu'est-ce qui vous a fait arrêter, à l'heure du déjeuner?

- la couverture du livre. Il est bien habillé!

-  Mais pourquoi vous en êtes-vous emparée?

- Pour faire plus ample connaissance, le connaitre un peu mieux en le retournant!

- Ceci ne vous a pas suffit...

- Le respirer, l'effeuiller...Je voulais dire le feuilleter, c'est lui demander de me    séduire!

- Et maintenant?

- Ne reste plus qu'à effectuer un bout de chemin en sa compagnie!

 

jeangrousset.com

Salon des livres

Flyer facebook

 

Et à côté du mien, beaucoup d'autres!

Quelques pamphlets acidulés, des essais bien citronnés.

Des plateaux de nouvelles appétissants.

des recueils de poèmes: ordonnance des sonnets, mélodie des ballades, brièveté printanière d'un haïku...

De la littérature théâtrale à côté de quelques contes où la philosophie cède, parfois, le pas à l'érotisme.

De quoi saliver avec quelques polars ou s'évader grâce à la Science-fiction.

Et des romans dont la variété peut satisfaire le lecteur le plus éxigeant.

En écrivant le mien, je me suis souvent dit: "la possibilité de jeter le masque en toutes choses est l'un des rares avantages que je trouve à vieillir."

Au plaisir de vous rencontrer.