2019

"Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous"

Gardian et arlesienne jpgA la recherche d'une couverture parlante pour mon prochain livre, je suis tombé en arrêt sur ce tableau

Il évoque, à la perfection, une grande partie de ce que j'ai tenté d'écrire.

Un cheval, un gardian, une Arlésienne vus de dos, un arrière-plan évanescent qui laisse place à toutes les suppositions, à une rêverie contemplative. le tout traité dans des couleurs chaudes, sublimées par la lumière du Sud.

Bravo et merci à Claude SAUZET, l'auteur de de tableau et de bien d'autres, que je me suis empressé de rencontrer. L'homme est aussi chaleureux et généreux que sa peinture. Nous aurions pu parler des heures entières de la Camargue et de bien d'autres choses encore.

 

Alea jacta est

Unnamed 1

J'en ai fini avec mon second roman!

Quelques brûlures d'estomac, quelques douleurs au bas du dos, quelques envies de fraises en plein hiver et des sautes d'humeur à foison!

Passé entre les mains de quelques intimes, ce qui n'est encore qu'un manuscrit suscite des commentaires: "Qu'il est beau!", "Il te ressemble!", d'autres encore.

Moi, je le relis avec tendresse sans trop savoir s'il est bien constitué, s'il ne lui manque rien pour affronter la vie.

Il va falloir le confier à un spécialiste dont je redoute le diagnostic.

Je cherche celui qui pronostiquera un avenir plein de promesses à ce bébé qui vient de naitre.

 

La délivrance

09 05 aBientôt deux ans que je me suis attelé à un nouveau roman.

A l'origine: un rendez-vous avec une lectrice du premier qui m'a suggéré d'en écrire un second.

" Les ingrédients principaux, vous les avez. Vous en parlez si bien. Ajoutez un peu de ceci, un peu de cela. N'oubliez pas les épices. Faites en sorte qu'à la fin de chaque page, le lecteur ait envie de passer à la suivante, comme s'il ne pouvait s'empêcher d'en reprendre une bouchée".

L'entretien n'a pas excédé la demi-heure. Elle est partie. Je ne l'ai jamais revue.

L'envie de concocter un plat de fête m'a pris et je m'y suis mis avec l'ingénuité d'un marmiton! 

Indigeste, trop copieux, mal assaisonné, manque de liant... C'est ainsi que furent accueillis mes premiers essais!

Mon livre a encore besoin de mijoter, mais le fumet qui s'en échappe, désormais, me donne des raisons d'espérer.

La gestation

20180606 165805A voir le temps passé et le nombre de phases écrites et remaniées par Marcel Proust pour parvenir à celle connue de nous tous: "Longtemps, je me suis couché de bonne heure.", je trouve que je vais presque vite dans la rédaction de mon second roman!

Les brouillons d'un Flaubert ou d'un Zola font taire mon impatience et me rassurent. A côté d'eux, j'écrivaille! Mais je jubile:

- en voyant le mal de chien qu'ils ont eu à esquisser un plan général, puis détaillé, à trouver un titre.

en mesurant combien la place réservée à se documenter a été importante.

Je partage ce besoin d'enrichir ou d'alléger tel ou tel passage, voire de le changer de place.

Je compatis en comptant le nombre de ratures.

Je reste sans voix devant cette opiniatreté à chercher le mot juste, qui se traduit par des listes de mots approchant celui jugé insatisfaisant.

Je m'attendris lorsque je vois apparaitre un dessin qui signe une pause ou une panne d'inspiration.

mon prochain livre

Pape 4 2"Il est aussi facile de rêver un livre qu'il est difficile de le faire." 

Je souscris à cette citation d'Honoré de Balzac, le personnage principal de mon prochain roman aussi.

Ce dernier serait bien en peine d'aller au bout de son rêve à force de se laisser tenter par la chimère !

Alimenté par des souvenirs magnifiés au fil du temps, celui-ci va l'aider à vivre, mais outrepasser ses droits.

Il faudra un "coup d'épaule" du destin pour qu'il cesse de rêver sa vie et fasse de son rêve une réalité.

Anicroches*

Dsc00808​ Sous la plume de Claude Roy, je lis: " Il faut s'aimer en écrivant le premier jet, se haïr en se relisant et se tenir à l'oeil en récrivant."

Ceci me parle et me rassure venant de ce Monsieur dont j'apprécie les aphorismes.

J'en suis à "se tenir à l'oeil" et je m'y tiens si sévèrement que je n'écris qu'au compte-goutte!

On écrit un premier roman avec la peur de ne pas y arriver. On croit pouvoir en écrire un second plus facilement. Quelle erreur d'appréciation!

 

le "bio" en littérature

C'est ne pas céder à la facilité! Voici pourquoi je viens de mettre les cents premières pages de mon second roman au panier.

Usant du plaisir d'écrire en guise d'engrais ou de pesticide, je les ai rédigées trop vite. j'en dit trop à la fois. les transitions sont trop sèches. l'ensemble est insipide.

Plus grave, en insérant des considérations étrangères à l'intrigue, j'ai modifié génétiquement le roman. Avec quelles conséquences chez le lecteur, sûrement pas celles espérées secrètement ? ne m'en voudra-t-il pas ?

Enfin, l'usage abusif des additifs  sous forme d'adjectifs et d'adverbes les rendent, à mes yeux, impropres à la lecture.

Alors patience! il faut du temps pour écrire un livre "bio"!